D’ici le 21 août 2026, l’écosystème des marchés publics français aura réalisé une transformation structurelle imposée par la loi Climat et Résilience. Cette réforme, dont l’article 35 modifie les articles L2152-7 et L3124-5 du Code de la commande publique, marque la fin de l’ère du prix (le plus bas) comme seul arbitre de décision. Pour les décideurs du continent africain, cette trajectoire européenne n’est pas un lointain modèle réglementaire, c’est entre autre, une démonstration de la manière dont la commande publique peut contribuer à une souveraineté industrielle conforme aux enjeux climatique actuels.
L’évolution réside dans l’obligation systématique d’intégrer des caractéristiques environnementales dans l’appel et l’analyse des offres. Le législateur a ainsi proscrit le recours au critère du prix unique, sauf s’il est fondé sur le concept de coût global ou sur le cycle de vie de l’ouvrage. Cette subtilité juridique changera radicalement la rentabilité des projets. En délaissant la « facture d’acquisition immédiate » pour une vision sur le long terme, l’acheteur public sécurise son investissement contre la volatilité des prix des ressources et les coûts futurs de maintenance et ou environnementaux.
C’est une démonstration de prudence 360° que les nations en développement ont tout intérêt à s’approprier pour éviter que les infrastructures d’aujourd’hui ne deviennent les dettes écologiques et financières de demain.
Des outils comme SEVE-TP, indispensables pour quantifier les gains carbones des chantiers, supportent déjà cette exigence. Pour une entreprise française, remporter un marché en 2026 signifiera prouver sa capacité à maîtriser les solutions bas-carbone et l’économie circulaire dès la phase de conception. Cette culture du résultat, renforcée par la Loi Industrie Verte de 2023, permettra d’exclure les acteurs ne respectant pas leurs obligations de transparence, comme la publication de leur bilan d’émissions de gaz à effet de serre.
Au-delà de la conformité, c’est aussi une question de crédibilité sur la scène internationale. Les flux financiers mondiaux sont de plus en plus conditionnés par des indicateurs de durabilité stricts, adapter ces principes à la réalité des pays les moins développés (où la commande publique pèse parfois jusqu’à 20 % du PIB), formerai un levier de croissance massif.
Le marché public est le ‘‘porte-monnaie’’ de l’État. En anticipant et en organisant la façon dont cet argent est dépensé, cela obligera toutes entreprises à devenir plus responsables pour continuer à bâtir/prospérer.
En s’inspirant de cette rigueur, les pays en développement peuvent assainir leurs propres marchés publics et réduire leurs coûts actuels et futurs en valorisant les champions locaux capables d’innovation plutôt que de subir des solutions d’importation onéreuses et techniquement dépassées.
