Le financement basé sur les résultats (FAR) s’impose comme une méthode innovante dans le paysage du développement africain. Contrairement aux mécanismes traditionnels, où les fonds sont débloqués en fonction des activités prévues ou des dépenses engagées, le FAR conditionne le décaissement à l’atteinte de résultats mesurables et vérifiables. Concrètement, un gouvernement ou une institution ne reçoit les financements qu’après avoir démontré (preuves à l’appui), que les objectifs fixés ont été atteints. Autrement dit, le FAR renverse la logique habituelle, à l’opposé de recevoir l’argent en amont pour financer des activités, les États doivent prouver qu’ils ont atteint les résultats convenus pour remporter le financement.
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a démontré l’efficacité de cette approche dans des secteurs sensibles. Au Rwanda par exemple, l’application du FAR dans la santé maternelle a permis d’augmenter de 23 % le taux d’accouchements médicalisés et de 133 % les visites de prévention pour les enfants de deux à cinq ans.
Dans le domaine agricole, bien que moins de 1 % des projets soient financés de cette manière, les résultats obtenus révèlent un potentiel considérable pour réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire. Avec 5,32 millions de dollars mobilisés Le ‘‘Poverty Alleviation Outcomes Fund’’ a transformé la vie de 12 000 foyers ruraux au Kenya et en Ouganda, favorisant la création de 4 000 microentreprises viables et l’adoption de pratiques agricoles plus durables.
La Banque africaine de développement (BAD) a, de son côté, adopté le FAR en 2017 et l’a déjà déployé dans 22 opérations réparties dans 12 pays africains. Une évaluation indépendante réalisée en 2024 a confirmé son potentiel pour améliorer la qualité des services publics et optimiser l’utilisation des ressources. Début mai 2026, un atelier régional organisé à Pretoria a réuni des représentants de cinq pays d’Afrique australe (Afrique du Sud, Angola, Mozambique, Namibie et Botswana) afin de renforcer les capacités institutionnelles et développer un pipeline de projets dans les secteurs de l’énergie, des services sociaux et de l’eau et assainissement.
Ce système oblige les États à investir dans des systèmes de suivi et d’évaluation robustes, à renforcer leurs capacités techniques et à anticiper les risques liés aux contextes sociaux et climatiques.
