Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 1er septembre 2026, le Cadre mondial de réponse à la crise de l’énergie et des engrais (GEFCRF), un dispositif destiné à apporter une aide rapide et ciblée aux pays africains confrontés à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires. Conçu pour répondre aux besoins immédiats tout en renforçant la résilience à moyen et long terme, ce cadre s’appuie sur les enseignements tirés des facilités mises en place lors de la pandémie de COVID‑19 et de la Facilité africaine pour la production alimentaire d’urgence.
Le financement mobilisé comprend 4,1 milliards USD de prêts de la BAD et jusqu’à 960 millions USD du Fonds africain de développement. Ces ressources supplémentaires portent l’objectif de prêt de la Banque pour 2026 à environ 12,7 milliards USD, et permettront d’accélérer des interventions financières et politiques adaptées aux niveaux de vulnérabilité des pays membres. La mesure est valable un an à compter de son approbation par le Conseil d’administration et fera l’objet d’un réexamen avant toute prorogation.
Face au conflit au Moyen‑Orient, les économies africaines subissent des pressions sur leurs importations d’énergie, d’engrais et de denrées alimentaires. Les perturbations des voies commerciales et logistiques mondiales augmentent les coûts de transport, retardent les livraisons et fragilisent davantage des chaînes d’approvisionnement. Le GEFCRF vise à atténuer ces effets immédiats tout en posant les bases d’une moindre dépendance aux marchés extérieurs volatils.
Le cadre prévoit un soutien budgétaire anticrise, c’est‑à‑dire l’injection rapide de ressources publiques et l’ouverture de lignes de crédit pour stabiliser la demande et préserver l’emploi en période de ralentissement économique, ainsi que des réserves de sécurité à court terme pour stabiliser les conditions macroéconomiques, des mécanismes de financement d’urgence et de facilitation du commerce pour sécuriser les approvisionnements essentiels, et des mesures destinées à préserver les dépenses publiques prioritaires et à protéger les ménages vulnérables. L’attention portée aux femmes et aux jeunes est explicitement intégrée afin d’éviter que la crise n’aggrave les inégalités et la fragilité sociale.
Au‑delà de l’urgence, le GEFCRF entend soutenir des réformes structurelles qui renforcent la résilience. Il s’agit de réduire la dépendance aux importations d’engrais et d’énergie, de diversifier les chaînes d’approvisionnement, de promouvoir des solutions régionales et de consolider la résilience budgétaire et la capacité de réaction face aux crises futures. Ces orientations visent à transformer une réponse conjoncturelle en opportunité pour accélérer des transitions vers des économies plus autonomes et durables.
Pour Martin Fregene, vice‑président par intérim chargé de l’Agriculture, du Développement humain et social (BAD), l’accès au financement est une composante essentielle, lorsque les engrais deviennent trop chers ou difficiles à trouver, les rendements agricoles chutent, et il faut soutenir à la fois l’approvisionnement et le développement d’une production locale.
Pour les acteurs de la filière agricole et les décideurs publics, le défi est de répondre à l’urgence sans sacrifier les réformes nécessaires à la durabilité. Dans ce contexte, le renforcement des capacités nationales, la coopération régionale et le développement de marchés locaux d’engrais et d’énergie apparaissent comme des priorités pour réduire la vulnérabilité.
